réaliser son rêve


Société / dimanche, novembre 27th, 2022

Réaliser son rêve

J’avais 8 /9 ans environ. Dans cet appartement du boulevard Arago dans le 13ème arrondissement où je me trouvais à l’étroit, enfermé, je me levais la nuit et avec une lampe torche, sans bruit, j’allais dans la bibliotheque parentale chercher un atlas, immense livre aux multiples cartes. Là, je feuilletais et sur la carte de France je regardais les routes qui menaient vers les ports de l’Ouest , La Rochelle me semble – t il. La route vers l’Océan, vers le Canada. 

A 16 ans ce fut la lecture de « Bourlinguer «  de Blaise Cendrars qui me fit embarquer par la puissance de la poésie, de la littérature, du récit , tant sur l’eau que dans les méandres de l’imaginaire et de la littérature. 

En 1976, à l’âge de 20 ans ,  je découvrais la voile à Noirmoutier. Si j’avais été  sans doute peu marqué par la victoire de Tabarly en 1964 lors de la transat, les records d’Alain Colas en 72 et de Tabarly en 76 sur Pen Duick 6 m’impressionnèrent terriblement. Au delà de la performance, ces personnages hors du commun  et l’appel du large . Je me souviens même d’avoir accosté Eric Tabarly dans les travées du salon nautique pour lui demander d’embarquer . Il répondit « navigue un peu avant ». Ce que je fis durant les années suivantes dans la Baie de Bourgneuf puis un peu dans le golfe de Gascogne. 

Tout cela pour arriver à aujourd’hui où j’ai acheté un bateau, avec au plus loin un rêve de transat et au plus simple de juste partir sur une durée indéterminée autour de la Mediterranée vers l’Atlantique. Réaliser un rêve de gosse et d’ado avant que l’âge ne m’en empêche. Il s’agit là aussi d’une envie profonde de désintoxication. Pas question de drogue ou d’alcool, mais d’addiction à ce monde moderne , connecté, chronophage où je ne trouve plus le temps de lire. 

Je n’ai pas lu Dostoïevski, je n’ai pas lu Tolstoï ,je n’ai pas lu Proust, je n’ai pas assez lu Victor Hugo, j’aimerais relire Alexandre Dumas et aussi Blaise Cendrars… Une pause s’impose ! 

Etant incapable d’auto discipline, il me faut créer une vraie rupture. Pour un certain recul aussi, suite au confinement, à la déliquescence d’un système, à la rupture progressive et brutale du lien, c’est comme un besoin d’introspection, pour retrouver du sens, une idée d’efficacité. 

La seconde idée est de profiter de cette période sabbatique pour écrire, un livre, des chansons, je ne sais pas encore, écrire quoi ! ce truc qui nécessite une certaine disponibilité de l’esprit. 

Récemment, sans doute à l’écoute de la série sur France Culture Pourquoi avons nous tant besoin de fiction ,  et plus particulièrement l’ Épisode 2/4 : Le récit de soi est-il toujours fictionnel ?  j’ai compris l’importance du récit, de la narration , de la fiction dans ma propre vie. Non seulement c’est le récit de ma propre vie qui lui donne vie, mais je peux influer en fictionnant mon avenir, en inventant un récit, une histoire, pour me la raconter comme on dit, pour la raconter aux autres. Luxe d’un privilégié intello? Sans nul doute, j’en ai conscience. Mais aucune mauvaise conscience ni culpabilité. J’assume ce que je suis. Un rêveur. 

Départ prévu en milieu de l’an prochain. Le bateau est un Grand soleil 42, il s’appelle Tamarone, il est beau , il est à Bastia. Reste à le préparer, à me préparer. Je donnerais des nouvelles  évidemment.. .. à suivre ….

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