À bout de souffle…


Société / jeudi, février 8th, 2024

(Désolé , rien à voir avec Godard)

Écoeuré, essoufflé, à bout de souffle, je ne sais pas quel mot employé,

je ne sais plus,

ce monde donne le vertige, fait perdre la boussole, ne donne plus le temps de respirer… J’aimerais pouvoir dire et écrire sur la crise des agriculteurs, que le syndicat qui organise ce mouvement est le principal responsable de la crise,  que les agriculteurs se trompent de cible, que ce ne sont pas les écologistes qui sont responsables de leur situation précaire, mais les politiques agricoles soutenues depuis 60 ans par leur propre syndicat,

et pendant ce temps là à Gaza, on assassine au grand jour, des milliers de personnes, des femmes, des enfants, des vieillards, des journalistes, des médecins dans les hôpitaux et rien ne semble pouvoir enrayer la machine. Aucun mot. Aucune réaction ne semble suffisamment forte pour arrêter ce massacre.

Et pendant ce temps-là, on adopte des lois contraires au fondement de la république, contraires  à une certaine morale, principe  de refuge et d’accueil de droit d’asile, empreintes d’un repli identitaire où s’installe la peur de l’autre

et pendant ce temps-là, en Corse, une multitude de petits groupes s’organise, se développe autour de ces mêmes idées, d’un retour au passé glorieux où « on était chez nous ». Où l’on crée des bouc-émissaires et où la violence des actes et des propos revient en force.

Tout cela est servi par une gigantesque soupe, médiatique où radios, journaux réseaux sociaux, alimentent la machine à détruire à fabriquer des guerres,

et pendant ce temps là, la sur-pêche continue, la destruction des fonds marins, la production intensive de plastique polluant pour des générations. La multiplication du nucléaire, synonyme de risque majeur pour la santé de nos enfants. La guerre en Ukraine, la possible réélection de Monsieur Trump, l’évidente réélection de Monsieur Poutine, une possible avancée ou victoire de l’extrême droite aux élections européennes… comment pouvoir s’époumoner contre tout cela , écrire sur chacun de ces sujets, ou juste manifester son dégoût profond de ce monde actuel. Il est devenu obscène…et en tout cas anxiogène, il ne sert à rien de l’occulter .

Une certaine sagesse nous demande de rester positif d’apporter de la légèreté, mais cela nécessite un sacré effort !

Alors ce repli sur soi-même, que l’on regrette évidemment chez l’autre car il est principalement fait de surconsommation, finit par vous gagner, et nous sommes plusieurs à trouver dans la littérature et la poésie des espaces salvateurs. Des Oasis dans lesquelles s’abriter. Quitte à y reconstruire progressivement, une nouvelle communauté autour du verbe de l’imaginaire, de la fraternité et de la solidarité.

Et ainsi reprendre son souffle et à nouveau peut-être respirer. Et continuer à construire les réseaux de liens et de solidarité. Pour un monde meilleur ?  Il n’est toujours pas interdit de rêver … et c’est heureux .

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