Festival de Douarnenez


Cinéma, Culture / mardi, septembre 6th, 2022

À se balader sur le continent de festival en festival, il est logique de faire des rencontres, des belles. C’est même l’objectif premier en fait. Et je conseille aux iliens, s’ils en ont les moyens, d’aller faire un tour chaque année sur le continent pour se « ressourcer »…

Ensuite j’aime bien les partager ces rencontres : alors voilà, le plus succinctement possible, un aperçu  des festivals de : Pougne Hérisson , Groix, La Gacilly , Douarnenez.

Enfin dernier festival, celui du film de Douarnenez qui invitait cette année la Suisse underground. Notre ami Gérard Alle avait d’ailleurs trouvé le nom de l’édition: Helvètes underground. Bravo ! Pour qui ne connait pas le festival de DZ , c’est une ruche de films, de rencontres, de concerts, de conférences, enrobée de crêpes, de cidre et de bière. Et de beurre. Difficile d’en faire le récit . Mais là aussi, obligé de parler d’un film coup de poing, émotion de fond et de forme avec LA MIF, un film de Frédéric Baillif. Le film n’ a pas eu de chance, il est sorti en salle en mars dernier c’est à dire en même temps que « tous les autres » et a fait un flop côté entrées en salles. Déprimant pour un cinéaste , je vous assure, malgré les prix gagnés dans les festivals.  Un centre d’accueil pour adolescentes, des éducateurs, une directrice coincée entre règles et direction… La qualité du film, son ton particulier, sa force, viennent du mélange réussi fiction / documentaire : jamais auparavant je n’avais assisté à cet alliage « parfait ». Filmé « comme un documentaire » La Mif met en scène de jeunes adolescentes placées en foyer mais jouant des rôles, pas obligatoirement le leur, des vraies histoires, des vrais attitudes mais pas les leurs obligatoirement. Elles font du cinéma à partir du réel, écrit par le cinéaste , ancien éducateur du foyer, et leur réel. Sur un fil d’équilibriste, la directrice dans le film était la directrice du foyer. Nous étions quelques amis , spectateurs cinéastes ou assimilés, tassés sur nos sièges , à nous regarder  à nous dire avec les yeux: comme on aimerait arriver à ça… se débarrasser du documentaire où on s’autocensure, où la personne filmée ne peut pas dire, ne pas pas faire ou alors hors caméra, où nous sommes amenés à enlever, retrancher… Avec cette part de fiction, assumée, visible, le cinéma et le sens prennent totalement force. Merci Frédéric Baillif.

Ce passage à Douarnenez m’a permis aussi d’aller voir à Brest  la magnifique exposition de mon ami Nedjma Berder d’après son livre  » le Bel Espoir ». L’expo est terminée.. mais le livre est évidemment disponible ! Et il est magnifique, non seulement par la qualité des photos mais celle des récits de tous ces jeunes et moins jeunes qui ont participé à la reconstruction du mythique bateau du père Jaouen. 

souvenir inoubliable : la projection de documentaires sur la petite ile Tristan , uniquement accessible à marée basse. Merci Erwan Moallic.

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