tourisme


Société / lundi, août 24th, 2026

Tourisme.

Depuis le temps que j’entends parler du tourisme, 

de ses travers , de ses excès , 

j’ai toujours  botté en touche,

   dis que je n’y comprenais pas grand chose,

         que je ne voyais pas de solution,

et finalement que cela me paraissait tellement compliqué que  je préférais ne pas en parler,

par manque aussi de connaissances, par la multiplication d’inetractions, etc…

             Et puis …

lors de mes derniers déplacements, les témoignages de certains de mes amis se sont  juxtaposés…

Que cela soit en Corse en Bretagne en Vendée, sur la côte méditerranéenne, il y a comme un ras-le-bol d’un flux touristique, flux et afflux qui perturbe la vie quotidienne, un certain bien-être du hors saison qui deviendrait un cauchemar de plus en plus récurrent et de plus en plus fort.

Vous me direz:  ce n’est pas nouveau , mais mon dernier tour sur le continent m’a montré que même des amis qui connaissaient ces phénomènes depuis des décennies ne les supportaient plus , maintenant , depuis cet été ou l’été dernier .

Que se passait-il ?

Nous en avons discuté et je me suis aperçu finalement que malgré mes réticences le sujet m’intéressait et que j’en connaissais quelques éléments, qu’à défaut de trouver des solutions, je pouvais au moins énumérer les différents tiroirs qui provoquent ces divers ras le bol.

Il y a donc  le mot « tourisme » qui revêt plein de réalité différentes.

Il y a d’abord quelque chose qui est évoqué dans cette série d’ émission de Arte radio, « vivons heureux avant la fin du monde », faut il renoncer au voyage,  (https://www.arteradio.com/son/faut-il-renoncer-aux-voyages), quelque chose qui a trait à un phénomène très ancien qui s’appelle le Voyage, le plaisir de voyager, de partir. il est aussi décrit dans cette émission quelque chose d’intéressant qui révèle notre peur de nous voir nous-mêmes, comme dans un miroir, dans le touriste qui vient chez nous, lorsqu’évidemment nous allons ailleurs : il s’agit visiblement d’une peur de soi-même, la peur de ressembler à cet envahisseur.  Mais écoutez l’émission ça sera plus simple !

Les autres éléments qui se distingue, je les vois comme ceci :

– il y a plusieurs types de touristes et le « tourisme », regroupe  comme souvent sous le même nom des modes aux impacts très différents. Pour ce qui est  du tourisme de masse il est important évidemment de rappeler ce grand élan concernant les vacances initié par les congés payés en 1936… 80 ans après ce besoin de partir en vacances, parait évidemment légitime pour des millions de personnes qui travaillent pendant 11 mois de l’année, souvent dans des conditions difficiles voire précaires et qui économisent pour se payer pendant quelques semaines, un repos en famille bien mérité. Ce sont ce que l’on peut appeler des « touristes de plage ». Et pourquoi la plage ? D’abord parce que la proximité de la mer dans les conditions que nous rencontrons de réchauffement climatiques est une manière gratuite de se rafraîchir, mais que la plage c’est le plus souvent du sable et quand un enfant tombe dans le sable, il ne se fait pas mal. D’où une attractivité particulière.

Et donc en grande masse, ces familles campent ou louent ou campingcarisent sur le littoral mais ils ne s’installent pas, n’achètent pas de résidence secondaire ( ils n’en ont pas les moyens ) , ne perturbent pas finalement la vie hors été, en faisant monter le prix de l’immobilier. Ils viennent, repartent, ont consommé sur place, participé à une économie, ont aussi augmenté la consommation en eau et l’apport en déchets mais les endroits qui les accueillent se sont adaptés à ce rythme et à ces apports : ce sont les « stations balnéaires » classiques, équipées en conséquence.

  • Et puis il y a un tourisme nouveau, lié à plusieurs phénomènes, dont l’accession à plus d’aisance de classes moyennes, mais aussi la crise sanitaire de 2020 qui a vu toute une classe se tourner « vers » la mer, la campagne, la montagne. Avec l’envie d’y venir plus souvent, et donc d’investir éventuellement dans le logement, de sous louer , de rentabiliser voire aussi de se mêler des affaires locales. Eux ont fait monter les prix de l’immobilier . Evidemment des « locaux » ont eux aussi jouer au jeu de la spéculation immobilière et profiter de cet essor, mais démographiquement et socialement les territoires ont évolué. Et le surplus de population s’est accentué, en tout cas à certains moments , jusqu’à saturation.
  • Ajoutons les « voyageurs » , ceux qui « passent » , en vélo, en voiture, en moto. Ils ont « fait » la Corse, l’Espagne,  l’ Italie,  et l’an prochain ils « feront » la Suède ou Venise. Héritiers d’une lointaine tradition de voyageurs partant à la découverte, ils ne s’arrêtent pas longtemps , prennent des photos, des videos, des selfies, et tentent de parcourir le plus grand territoire possible dans un laps de temps le plus court . Ils font carburer l’économie locale, en location, balade en pirogue, vedette , jet ski, petit train, restauration.

Tout ceci n’est en rien péjoratif, ayant bien conscience que dans ma vie j’ai été bien évidemment perçu comme l’un de ces touristes toutes catégories confondues. A tort ou à raison.

Le fait est en tout cas , qu’il y a surchauffe . L’addition et la multiplication de ces phénomènes, sans doute accentués par le désir accru d’une nouvelle clientèle mondiale accédant à un statut social différent, les facilités de transport, l’envie de voyage liée peut être à une période particulièrement anxiogène, font que la vie des habitants est impactée de manière forte. Augmentation du « coût de la vie », impossibilité de se loger,  d’accéder au foncier pour l’agriculture, manque d’eau, surconsommation alimentaire, sentiment d’oppression, d’étouffement, amenant progressivement à un rejet, voire de la violence.

Cette impression de surchauffe  s’est accrue depuis que  des personnes peu enclines au «  on n’est plus chez nous », réservée jusqu’à alors à une frange de la population, bien identifiée, ont commencé à reconnaitre ne plus en pouvoir, ne plus reconnaitre leur village, leur vie, qu’il y avait une saturation. Quitte du coup à aller visiter ailleurs pendant ces fortes saisons, au risque de faire là-bas ce qu’ils ne veulent pas ici . Problème.

Solution? Ma foi, pas vraiment.

Venise pense à faire payer son accès plus cher , de 10 à 50 euros ( https://www.franceinfo.fr/economie/tourisme/la-municipalite-de-venise-envisage-de-faire-payer-50-euros-a-ses-visiteurs-journaliers-afin-de-lutter-contre-le-surtourisme_8071685.html) mais cela pose de nombreux problèmes, car comment reconnaitre un vrai touriste d’un « visiteur » par exemple un italien qui vient visiter un ami ? Vous voyez un brestois payer l’entrée à Douarnenez ? La sélection par l’argent pose de nombreux problèmes évidement de justice sociale, : accès réservé aux personnes aisées ? La montée des tarifs pour venir en Corse a t elle  fait diminuer la fréquentation ? Ou juste baisser les dépenses sur place . Les tentatives pour faire baisser la fréquentation dans des sites classés comme Scandola n’ont pas porter leurs fruits car comment contrôler le profit des privés ? Pouvons nous le faire ? Sans doute une réforme globale des périodes de vacances permettraient un « étalage » des saisons mais cela nécessiterait une refonte totale du  système des vacances scolaires, et cela paraît bien compliqué voire impossible . Comment réguler ce flux et ce besoin ? Le réchauffement climatique et le coût énergétique du transport , amènera t il « naturellement » ou sous la contrainte financière   des millions de touristes à réduire leur déplacement pour découvrir le « tout-près ». Ou serons nous obligés d’instaurer des quotas, comme pour une salle de cinéma et afficher complet , pour une île, un village, une région ? Qui décidera du nombre ?

Autant de questions qui comme toujours pose la question

de notre capacité à nous auto limiter ,

        à anticiper les maux de demain.

                    Et de ce côté là ,  rien de rassurant.

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