Strates


Culture, exposition / jeudi, janvier 1st, 2026

De passage à Paris j’ ai vu deux expos qui n’ont rien à voir . Une «  Le Chat » de  Geluck, j’ai beaucoup ri .

L’autre Pierre Soulages « une autre lumière » au Palais du Luxembourg . Magnifique. Moment rare. Surtout pour moi qui ne suis pas du tout , mais pas du tout , un habitué » des musées, des expos, de la peinture, de l’art abstrait. Alors vous imaginez ….

Ce sont spécialement des peintures sur papier avec du brou de noix. Ce qui s’est passé d’assez étonnant  pour moi, c’est que pour une fois je me suis laissé entrainé par les textes, soient explicatifs, soient témoignages directs de Pierre Soulages , et que progressivement je pénétrais et comprenais, une démarche, l’importance d’un trait, la trajectoire, la notion de temps, d’espace, de profondeur. De la largeur d’un trait, d’un sens politique et poétique. L’exposition respectait un ordre chronologique avec des premiers traits en 1940 puis leur progression jusqu’aux années 2000 ! 60 ans de traces, de couches , de recherches, avec du papier et du brou de noix. Du noir, des noirs différemment profonds, des teintes et des reflets du brou qui évoluent au gré des décennies , jusqu’à la quasi disparition du blanc  du papier. 

Cela m’a étrangement ramené au Cap Corse et à ces strates dans la pierre, ces successions de couches, ces traces gravées par le vent, le sel, les embruns. Il y avait sans doute ces nuances de gris en commun, et des parallèles sur le temps qui passe, ce qui nous imprime. Des traits, des épaisseurs, des lignes, ( de fuite ?) qui dessinent, racontent quelque chose de nous . D’enfoui. En surface et en profondeur. D’intime et de commun. 

Merci Pierre Soulages. 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *